Comment calcule-t-on les WPM, et pourquoi mon score change-t-il d'un site à l'autre ?

Pour calculer les WPM (mots par minute), on compte les caractères, on divise par cinq (le « mot » standard) puis par le nombre de minutes de frappe. Les tests ne s'accordent pas sur les caractères qui comptent : tous les caractères tapés (WPM bruts), seulement ceux des mots corrects (WPM nets), ou un chiffre « gross » moins une pénalité pour les erreurs. La durée du test fait bouger le chiffre encore plus que la formule.

Une variante de « J'ai 30 de plus sur l'autre site » apparaît sous chaque test de frappe d'Internet. Personne ne ment. Les tests comptent des choses différentes, sur des durées différentes.

Nous avons passé une bonne partie du premier mois de ce projet à démêler ces règles, parce qu'il fallait en choisir une. Voici ce que nous avons trouvé, et ce que nous avons choisi d'afficher.

La formule des WPM : le mot de cinq caractères

Toutes les mesures sérieuses de la frappe partent de la même convention : un « mot » fait cinq caractères, espaces et ponctuation compris. « The cat sat » compte 11 caractères, soit 2,2 mots. Le nombre de caractères par minute vaut cinq fois les WPM. Le nombre de frappes par heure, l'unité citée par les tests de saisie de données, vaut les CPM multipliés par 60. Les concours publics utilisent la même conversion : la SSC indienne fait correspondre 35 WPM à 10 500 frappes par heure, soit exactement 35 × 5 × 60.

La formule des WPM est donc : caractères ÷ 5 ÷ minutes. Le désaccord porte sur les caractères que l'on compte.

WPM nets ou « gross », et ce que veut dire WPM brut

Les WPM bruts comptent chaque caractère tapé, juste ou faux, divisé par cinq et par le nombre de minutes. C'est une mesure de la vitesse des doigts. Les caractères effacés ne comptent pas, mais les caractères faux laissés dans le texte, si.

Les WPM nets, tels que nous les calculons, ne comptent que les caractères des mots tapés entièrement correctement, espace qui suit chaque mot comprise. Une seule lettre fausse, et le mot entier ne rapporte rien. C'est le chiffre principal de notre écran de résultats. Nous l'avons choisi parce qu'un mot avec une coquille est un mot que quelqu'un devra corriger : il ne doit pas compter comme du travail terminé.

Le « gross WPM » est le terme plus ancien des tests de bureau et des concours, où l'on parle aussi de vitesse brute. Le CBSE indien, par exemple, divise les mots bruts (tout ce qui a été tapé) et les mots nets (seulement les mots corrects) par le nombre de minutes, et donne la précision comme le rapport net sur brut. Une autre convention de longue date part de la vitesse brute et en soustrait les erreurs commises. Comptez un mot par erreur non corrigée et par minute, et un mot avec deux erreurs coûte deux mots, contre un seul dans notre calcul net : sur des passages peu soignés, les chiffres s'écartent.

Un seul test, cinq chiffres honnêtes

Voici l'exemple détaillé de notre page sur les mesures. Un test de 30 secondes : 160 appuis sur des touches de caractère, dont 6 faux, 4 corrigés et 2 laissés. Le texte final fait 156 caractères, dont 154 justes, et 30 des 32 mots sont parfaits, ce qui fait 148 caractères avec leurs espaces.

Règle de comptageCalculWPM
Brut (tous les caractères du texte final)156 ÷ 5 ÷ 0,562,4
Tous les caractères corrects154 ÷ 5 ÷ 0,561,6
Brut × précision62,4 × 0,962560,1
Nets, mots corrects seulement (notre règle)148 ÷ 5 ÷ 0,559,2
Gross moins les erreurs non corrigées par minute62,4 - 2 ÷ 0,558,4

La précision vaut (160 - 6) ÷ 160 = 96,25 %. Cinq chiffres défendables, 4 WPM d'écart, et personne ne s'est trompé. Sur un passage à 90 % de précision, l'écart entre brut et net se creuse beaucoup plus, parce qu'environ la moitié des mots contiennent alors une erreur. Ce calcul est détaillé dans ce que mesure vraiment la précision de frappe.

Les règles de comptage des tests de frappe

La page d'aide ou l'écran de résultats d'un test indique en général la règle qu'il applique.

RègleCe que compte le chiffre principalPar rapport à nos WPM nets
Mots corrects seulementCaractères des mots entièrement corrects, espaces compris, ÷ 5 ÷ minutesMême règle que la nôtre ; petites différences sur un dernier mot inachevé
Tous les caractères tapésTout ce qui reste dans le texte ÷ 5 ÷ minutes, précision affichée à partIdentique à nos WPM bruts
Tous les caractères correctsCaractères corrects, que le mot soit juste ou nonEntre nos WPM bruts et nets
Gross moins les erreursVitesse brute moins une pénalité par erreur non corrigéeProche du net ; plus bas sur des passages peu soignés
Corriger chaque erreur avant de continuerImpossible d'avancer après une lettre fausse, donc le texte final est toujours justeComparable, en général un peu plus bas
Chronométré sur un serveurLe chrono tourne sur le serveur, donc la latence réseau fait partie de votre tempsPlus bas sur des courses courtes avec une connexion lente
Recherche (Dhakal et al. 2018)Longueur du texte transcrit sur le temps écoulé entre la première et la dernière frappe ; erreurs non corrigées données à partProche de nos WPM bruts

Trois lignes méritent qu'on s'y attarde.

Les tests qui obligent à corriger chaque erreur

On pourrait croire que la correction forcée donne le même résultat que les WPM nets, puisque le texte final est parfait dans les deux cas. Le chiffre est pourtant plus bas, parce que chaque erreur coûte désormais du temps au chrono. Dans la plus grande étude sur la frappe en ligne, l'intervalle moyen entre deux frappes était de 239 ms. Une correction forcée demande au moins un retour arrière et une nouvelle frappe, soit deux frappes de plus, environ une demi-seconde, plus le temps de s'en rendre compte. Six erreurs sur un test d'une minute coûtent environ trois secondes, 5 % du test : quelqu'un qui tape à 60 WPM tombe vers 57. Notre calcul net écarte le mot faux et passe au suivant, sans temps supplémentaire.

Les tests chronométrés sur un serveur

Certains tests en ligne prennent le temps officiel sur leur serveur, si bien que la latence réseau entre dans votre résultat. L'effet est une simple affaire d'arithmétique. Sur une course de 30 secondes à 100 WPM, une demi-seconde de latence donne 100 × 30 ÷ 30,5 = 98,4. Une seconde entière donne 96,8, et un blocage de deux secondes donne 93,8. Si un résultat chronométré sur serveur est nettement inférieur à votre chiffre ici, refaites-le avec une connexion plus stable avant d'accuser vos doigts.

La référence de la recherche

La ligne Dhakal est la référence de la recherche. Cette étude (Aalto et Cambridge, CHI 2018) a analysé 136 millions de frappes de 168 960 volontaires en ligne, avec une moyenne de 51,56 WPM. Ses WPM viennent de la longueur du texte transcrit, les erreurs étant données comme un taux à part, si bien qu'ils sont plus proches de notre chiffre brut. Si vous comparez vos WPM nets à 51,56, vous vous sous-estimez de quelques mots. Notre article sur la vitesse de frappe moyenne la met en regard des autres travaux.

Pourquoi mes WPM sont-ils plus élevés sur les tests courts ?

Nous pensions que les règles de comptage expliquaient l'essentiel de la confusion entre sites. La durée du test compte en général davantage. Attendez-vous à ce qu'un score sur 15 secondes dépasse un score sur deux minutes de la même personne, sur le même test, avec la même formule. Deux calculs montrent pourquoi.

D'abord, personne ne tient un rythme de sprint. Prenons quelqu'un qui démarre à 90 WPM pendant dix secondes, puis se stabilise à 70 :

Durée du testCalculWPM
15 secondes(10 × 90 + 5 × 70) ÷ 1583,3
60 secondes(10 × 90 + 50 × 70) ÷ 6073,3
120 secondes(10 × 90 + 110 × 70) ÷ 12071,7

Même personne, mêmes règles, 12 points d'écart. C'est un modèle, mais notre écran de résultats montre la même forme : sur un test de 60 secondes, la courbe seconde par seconde descend presque toujours après les 20 premières secondes, et la couleur de vitesse de rafale de chaque mot montre quel passage a gonflé le chiffre du début.

Ensuite, les tests courts grossissent les petits détails. Sur un test de 15 secondes, chaque mot de cinq caractères vaut 4 WPM (1 ÷ 0,25 minute). Une série chanceuse de mots courts, un dernier mot inachevé ou une première frappe lente peuvent chacun déplacer le score de plusieurs points. Sur un test de 60 secondes, le même mot vaut 1 WPM, et sur deux minutes, la moitié.

Les moyennes publiées par durée de test reflètent sans doute aussi qui choisit chaque durée, puisque ceux qui visent un gros score choisissent plutôt des tests courts. Dans tous les cas, la première question à poser devant un chiffre en WPM est : « sur combien de temps ? ». Vous pouvez vérifier le vôtre avec le test de 2 minutes.

Les petits détails qui font bouger le chiffre

La liste de mots. Certains tests piochent dans une courte liste des mots anglais les plus courants. Nos tests de mots utilisent les 1 000 mots les plus fréquents d'un corpus de sous-titres, et le mode citations utilise de vrais passages avec majuscules et ponctuation. Des mots courts et courants donnent des chiffres plus élevés qu'un texte avec des noms propres et des virgules.

Le dernier mot inachevé. Dans un test chronométré, le chrono s'arrête au milieu d'un mot pour presque tout le monde. Nous comptons ce que vous avez tapé juste dans un dernier mot inachevé. Certains tests l'ignorent. Sur un test de 15 secondes, cela peut valoir jusqu'à 4 WPM.

L'arrêt sur erreur. Certains veulent la correction forcée, d'autres non, alors nous en avons fait un réglage.

Le départ du chrono. Le nôtre démarre au premier caractère accepté et, dans un test de mots ou de citation, s'arrête à la dernière frappe. Le temps entre l'activation de la page et la première touche est enregistré comme latence de départ et n'est pas compté contre vous. Les tests qui lancent le chrono au chargement de la page retirent un mot ou deux sur un test court.

Les téléphones. Dans l'étude mobile du groupe d'Aalto, les volontaires atteignaient 36,2 WPM en moyenne, environ 70 % de la moyenne de l'étude sur ordinateur. Nous gardons les résultats sur téléphone en dehors des classements publics.

Ce que nous avons décidé d'afficher

Nous avons retenu plusieurs chiffres, dans une hiérarchie claire : les WPM nets en grand, les WPM bruts et la précision à côté, et une ligne indiquant ce qu'aurait affiché un test qui compte tous les caractères corrects. Cette ligne existe à cause de la plainte qui ouvre cet article.

Les mêmes fonctions calculent chaque chiffre dans votre navigateur, puis à nouveau sur notre serveur à partir du journal des frappes.

Que comparer

Pour suivre vos propres progrès, comparez ce qui est comparable : même site, même mode, même durée, même liste de mots. La page d'historique vous permet de filtrer vos résultats par mode et par langue.

Pour vous comparer à un ami sur un autre site, choisissez d'abord la durée, puis la formule. Un test de 60 secondes est le terrain commun le plus répandu ; les chiffres sur 15 secondes sont ce qu'il y a de moins comparable dans la frappe.

Pour vous comparer à un chiffre de population, vérifiez de quelle population il s'agit. Dans l'étude en laboratoire de Karat en 1999, des utilisateurs de bureau ordinaires recopiaient un texte à 32,5 WPM. Les 51,56 de Dhakal viennent de jeunes volontaires qui se sont sélectionnés eux-mêmes, mesurés de façon proche du brut. Les 36,2 de Palin concernent les téléphones. Notre indication de centile précise la référence qu'elle utilise, tant que nous n'avons pas 10 000 résultats à nous dans cette catégorie.

Questions fréquentes

Quelle est la formule des WPM ?

Caractères ÷ 5 ÷ minutes. Les WPM nets n'utilisent que les caractères des mots entièrement corrects ; les WPM bruts utilisent tous les caractères tapés.

Ma vraie vitesse, ce sont les WPM nets ou bruts ?

Les WPM nets sont le chiffre utile, parce qu'ils ne comptent que les mots justes. Le brut montre à quelle vitesse vos doigts ont bougé.

Pourquoi mes WPM sont-ils plus élevés sur certains sites ?

En général à cause de la durée du test ou de la liste de mots, pas de la formule. Un test de 15 secondes sur des mots courts et courants battra un passage de deux minutes avec ponctuation, même avec des règles de comptage identiques.

Sources